dimanche 10 septembre 2023

Lamento di Tristano & Rotta (14ème Siècle)

 

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Comme la Chançoneta Tedescha déjà mise en ligne, cette suite de 2 morceaux provient d'un manuscrit de chansons italien du XIVème Siècle, conservé à la British Library (Le Manuscrit de Londres), dans lequel se glissent de précieuses pièces instrumentales.

Le Lamento di Tristano est une magnifique mélodie que l'on imagine presque improvisée sous les doigts d'un joueur de luth ou de harpe à la cour d'un château fort … Cette mélopée traduisant certainement la mélancolie de Tristan est un très rare exemple de la trace des légendes arthuriennes (ou apparentées) dans la musique médiévale.

Le Lamento est suivi d'une Rotta, danse rapide sur le même thème musical, sorte de charivari endiablé où Tristan oublierait ses idées noires …

Nicolas FENDT : luth médiéval (lavta), épinette des Vosges, harpe médiévale, flûtes à bec, Rauschpfeife, chalemies de berger, percussions et arrangements.

samedi 1 juillet 2023

Allemandes (Claude Gervaise, 1557)

 

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Trois danses issues du 3ème livre de danceries publiées en 1557 par Attaingnant, célèbre imprimeur et libraire parisien.

Ces allemandes ont été composées (ou souvent plutôt, arrangées) par Claude Gervaise, qui a signé plusieurs livres de danses écrites à 4 voix. Comme souvent à la Renaissance où la notion de droits d'auteur est assez souple, la seconde allemande existait déjà dans une version pour luth d'Adrian Le Roy (1551), dont j'ai ici utilisé les diminutions (variations).

Nicolas FENDT : flûtes à bec, tournebouts (cromornes), guiterne, luth-guitare, percussions, arrangements.

vendredi 12 mai 2023

Cantiga 119 : Como somos (vers 1280)

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Voici certainement la plus connue des nombreuses Cantigas de Santa Maria (plus de 400), publiées à la fin du XIIIème siècle sous le patronage du Roi Alphonse X "Le Sage".

Son titre complet est " Como somos per conssello do démo perdudos" (parabole sur un mauvais juge, emporté par les démons et dont l'âme est sauvée par la Vierge), et sa musique est très joyeuse, elle invite à la danse (macabre ?).

Nicolas Fendt : cornemuse, flûtes à bec, Rauschpfeifen, chalemie de berger, dolzaine basse, mandole, épinette des Vosges, luth-guitare, percussions et arrangements.

mercredi 5 avril 2023

Give me your hand (Attr. Rory Dall O'Caghan, 1603)

 

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Ce "tube" de la musique irlandaise est une énigme …

Il est apparu dès 1644 dans des livres de tablatures de luth, sous son titre latin : "Da Mihi Manum", sans aucune indication de son compositeur.

On le trouve ensuite dans une multitude de partitions, tout au long du 18ème siècle, toujours sous son nom latin.

En 1810, il est publié dans "A Collection of Ancient Irish Airs", par John Mulholland, sous son titre anglais, et sous son titre en Gaëlique : "Tabhair dom do Lámh".

En 1840, il est publié, dans un arrangement pour piano, par Edward Bunting, dans "The Ancient Music of Ireland", sous son titre anglais (et gaëlique dans la table des matières). Sans que l'on ne connaisse aucune de ses sources (si ce n'est le bouche à oreilles), Bunting attribue cet air à Rory Dall O'Caghan, et le date de 1603.

On sait peu de chose sur Rory Dall O'Caghan, si ce n'est qu'aucune musique de lui n'a été publiée de son vivant. On se demande même s'il a vraiment existé… Harpiste irlandais aveugle ayant beaucoup joué en Ecosse, il aurait composé cette mélodie pour une Lady qui s'était excusée de ne pas l'avoir traité selon son rang…

Il nous reste en tout cas cet air magnifique très ancien, entre musique savante et musique traditionnelle.

Nicolas FENDT : flûtes à bec, low whistle, mandole, guiterne, luth-guitare, guitare-cistre et arrangements.

samedi 1 avril 2023

Rondes I et VI (Susato, 1551)

 

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Dans son recueil "Danserye" édité en 1551, Susato rassemble de nombreuses danses, dont neuf d'entre elles sont nommées "Rondes". Elles sont inspirées de chansons à la mode de son époque, et voici ici les Rondes I et VI. Si l'on ignore l'origine de la VI, on sait que la I, intitulée "Pour Quoy", vient de la chanson "Pour quoy donc ne fringuerons-nous", de Pierre Passereau, publiée par Attaingnant en 1533.

Ces "Rondes" étaient certainement dansées en branles ; elles sont d'ailleurs classées dans les branles par Phalèse, qui compile les meilleures danses éditées à son époque, dès 1571. Comme souvent chez Susato, elles ont un caractère à la fois élégant et rustique très agréable.

Nicolas FENDT : vielle à roue, tournebouts (cromornes), flûtes à bec, guiterne, luth-guitare, percussions ; arrangements.

mercredi 1 mars 2023

 

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Dans son "Terpsichore" (monumentale source de magnifiques musiques), Praetorius présente la Spagnoletta comme "faite aux Pays-Bas, et rarement dansée en France".

La Spagnoletta est un véritable "tube" européen à l'époque de Praetorius ; cette musique a voyagé d'Espagne en Italie, et jusqu'en Angleterre. Elle était en effet très populaire aux Pays-Bas (Espagnols à cette époque) où elle est restée sous forme de contredanse. Et comme tous les succès de cette époque, elle se prête volontiers aux variations, aux diminutions, aux improvisations (c'est même certainement pour cette raison que ces musiques ont tant voyagé).

En 1580, Caroso décrit dans son traité "Il Ballarino" la chorégraphie de cette danse de couple, tout en révérences, les partenaires se faisant face gracieusement, et surtout, "senza pigliar mano" (sans se prendre la main). Noblesse oblige…

Nicolas FENDT : guiterne, flûtes à bec, tambour de basque ; arrangements.

mercredi 1 février 2023

Bergerette Sans Roch (Tielman Susato, 1551)

 

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Voici une musique au titre étrange … La bergerette n'est pas une danse répertoriée, mais c'est certainement l'interprétation que fait Susato d'une autre danse, la basse danse. On ne sait pas ce que signifie "Sans roch" (Saint Roch ?), mais on sait qu'un français, Pierre Attaingnant, a publié en 1529 plusieurs versions pour luth ou pour clavier d'une basse danse intitulée également "Sans roch", ou "La Roque", qui lui ressemble beaucoup.

En l'intitulant "Bergerette", peut-être Susato autorise-t-il à la jouer de manière plus légère, plus rapide… 

Susato, outre son travail d'éditeur et d'imprimeur, était joueur de cromorne. Il en vendait certainement aussi, et d'ailleurs, à Anvers, sa maison s'appelait "In den Cromhorn" (A l'enseigne du Cromorne). Il est donc naturel d'utiliser ces instruments dans cette musique, et de l'illustrer par la gravure des "3 joueurs de cromorne", d'Heinrich Aldegrever, contemporaine de la Bergerette (1551).

Nicolas FENDT : flûtes à bec, cromornes, guiterne, luth-guitare, percussions ; arrangements.

jeudi 5 janvier 2023

Dehors Lonc Pré (Jehan Erars, vers 1259)

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Cette vigoureuse musique de trouvère, très représentative de l'idée que l'on se fait de la musique médiévale, est une pastourelle, chanson en dialogue imaginaire entre un chevalier et une bergère.

C'est un genre de chanson très répandu chez les troubadours et les trouvères. Dehors Lonc pré est attribué à Jehan Erars, un trouvère d'Arras. Elle est aussi parfois attribuée à Gillebert de Berneville, un autre trouvère artésien. C'est la version instrumentale qui est jouée ici.

Nicolas FENDT : harpe médiévale, flûtes à bec, chalemies de berger, dolzaine, luth-guitare, bouzouki, crotales ; arrangements.

jeudi 1 décembre 2022

The Fine Companion & Bouzer Castle (Playford, 1651)

 

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Voici deux contredanses "celtiques" issues du "Dancing Master", de John Playford.

La première est "The Fine Companion", publié dans la 1ère édition, en 1651, et la deuxième est "Bouzer Castle", qui vient de la 6ème édition, en 1679.

Ce sont deux airs de jigs dansantes, que je me suis permis d'arranger à l'irlandaise (ou à l'écossaise), à quatre voix, avec flûtes, cornemuse, cordes, et tambour. 

Nicolas Fendt : Flûtes à bec, low whistle, cornemuse Renaissance (Hümmelchen), guiterne, luth-guitare, tambour et arrangements.

mardi 4 octobre 2022

Branles de Poitou (Gervaise, 1550 – d'Estrée, 1559)


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Le branle de Poitou est une danse très populaire au XVIème siècle. Même s'il a été dansé dans les cours nobles ou bourgeoises, il est certain qu'il est originaire de cette province (qui s'étendait de la Vendée à une partie de l'actuel Limousin), et ses musiques ont même des accents de bourrées traditionnelles à 3 temps. 

De plus, depuis le Moyen-Age, les hautbois et cornemuses de Poitou sont renommés, et font même partie de l'orchestre royal, et ce jusqu'au XVIIIème siècle. Comme le disait Philippe de Commines, "L'on fit venir du Poitou des bergers qui savaient jouer hautbois, cornemuse et musette et chanter, pour réjouir le roi Louis XI pendant sa grande maladie mélancolique ; desquels tout le Limousin et la Basse Marche ne manquent pas car chaque paroisse a de tels gens qui en savent très bien sonner les gavottes et branles du Poitou tant simples que doubles" (Mémoires, fin du XVème S.).

Ici, trois branles de Poitou sont enchainés : le 1er et le 3ème sont de Claude Gervaise (5ème livre de Danceries, 1550), le 2nd, un peu plus élaboré, est de Jean d'Estrée (2nd livre de Danseries, 1559). Comme on n'a retrouvé que les dessus et basses des danses de d'Estrée, j'ai osé compléter l'harmonie sur la reprise de son branle à 4 voix.

Nicolas FENDT : cornemuse, hautbois de Poitou, chalemie de berger, cromorne soprano, flûtes à bec, luth-guitare, guiterne, percussion ; arrangements.



samedi 3 septembre 2022

Propiñan de Melyor (Cancionero de la Colombina, vers 1460)

 

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Ce morceau polyphonique festif est une pièce instrumentale anonyme extraite du Cancionero de la Colombina, un manuscrit musical espagnol des années 1460/1480.

Ce manuscrit porte ce nom, car en 1534, il a été acheté par le deuxième fils de Christophe Colomb, Ferdinand Colomb, qui possédait à Séville une très riche bibliothèque de plus de 15 000 volumes, la Biblioteca Colombina. Quant à la signification du titre, elle est assez mystérieuse …

Quoi qu'il en soit, en latin, "Propinare de melior" signifie quelque chose comme : "à boire, et du meilleur !" (vin, évidemment …), à moins que Melyor ne soit un prénom féminin ("Buvons à la santé de Melyor"). 

Nicolas FENDT : flûtes à bec (sopranino, alto & ténor), Rauschpfeife, hautbois de Poitou, chalemies de berger (alto & ténor), dolzaine, guiterne, percussions ; arrangements.

lundi 1 août 2022

Goddesses (Playford, 1651)

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Cette mélodie est issue du recueil de contredanses "The English Dancing Master publié en 1651 par l'éditeur John Playford. Ce recueil a eu un succès phénoménal, et a connu 18 éditions jusqu'en 1728, bien après la mort de Playford.
Le génie de Playford (et de ses successeurs) est d'avoir utilisé tous les airs à la mode de son époque, qu'ils soient savants ou traditionnels, pour faire danser la bonne société. Et par un mécanisme de va-et-vient entre partition et tradition, les musiques s'inspirent les unes des autres sans qu'il soit toujours possible de savoir qui a commencé, de la musique savante ou de la musique populaire.
"Goddesses" est une version réécrite en contredanse d'un morceau issu du Fitzwilliam Virginal Book (livre de morceaux pour virginal, une sorte de clavecin), et attribué au compositeur Giles Farnaby : "Quodling’s Delight" (1609). Playford l'a renommé, certainement parce qu'il avait été popularisé dans une pièce de théâtre de l'époque : "The Vision of the Twelve Goddesses".
Cet air est très populaire, et figure dans toutes les éditions du "Dancing Master", avec parfois des variations, que je joue ici. Il a à son tour rejoint la musique traditionnelle, en devenant, par exemple, la danse irlandaise "Miss Lacey's Hornpipe".
L'arrangement pour 4 flûtes à bec est de Bernard Thomas (London Pro Musica Ed.)
Nicolas FENDT : guiterne (guitare Renaissance), luth-guitare, flûtes à bec alto, ténor et basse, dolzaine (cornamuse basse), percussions ; arrangements.

samedi 2 juillet 2022

Chançoneta Tedescha (14ème siècle)

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Cette musique de danse (tedescha = d'origine allemande) a été retrouvée dans un manuscrit italien de la British Library. Ce recueil contient de nombreux morceaux de cette époque (le "trecento"). Parmi tous les morceaux chantés, on y trouve les premières danses instrumentales écrites, purement instrumentales.
Nicolas FENDT : vielle à roue, lyre, bouzouki, flûte à bec médiévale, chalemie de berger, percussions et arrangements.

jeudi 24 février 2022

Pavane Mille Regretz (T. Susato, 1551)

Pavane Mille Regretz (Tielman SUSATO, 1551)

Mille Regretz est une chanson de Josquin des Prés, publiée par Pierre Attaignant à Paris en 1533 (mais composée bien avant).

Elle était extrêmement populaire à la Renaissance, dans toute l'Europe, et c'était même l'une des chansons préférées de Charles Quint, à tel point que Luis de Narváez publie en 1538 une version pour vihuela (version espagnole des premières guitares) intitulée : "La canción del emperador". Cette chanson a très souvent été adaptée ou utilisée, à la Renaissance (depuis des tablatures de luth jusqu'à une messe polyphonique), et c'est sous la forme d'une danse, la pavane, que Tielman Susato la publie en 1551, dans son livre "Danserye".

La voici ici avec des "diminutions", pratique courante à la Renaissance pour orner les mélodies. Comme l'indique Ganassi (auteur d'un traité de diminution pour la flûte à bec en 1535, La Fontegara) : "Tu comprendras que diminuer n’est rien d’autre que varier un texte ou une phrase qui, dans sa nature, se montre ferme et simple. "

Nicolas FENDT, flûtes à bec ; luth-guitare ; tambour.

dimanche 16 janvier 2022

Hoboecken Dans (T. Susato, 1551)

Hoboecken Dans (Tielman Susato, 1551)

Cette musique fait partie de "Danserye" (titre original complet : Het derde musyck boexken : Alderhande danserye"), recueil de danses publiées par Tielman Susato, musicien et éditeur de la Renaissance. Il était également joueur de flûte à bec et de cromorne, ce qui le rend si sympathique ! D'ailleurs, à Anvers, son imprimerie et sa boutique étaient installées dans la maison "In den Cromhorn" (à l'enseigne du cromorne) …

Susato était contemporain de Pieter Brueghel l'Ancien, et ils ont pu se connaître, à Anvers. Ils ont tous les deux évoqué dans leur œuvre le village flamand de Hoboken, près d'Anvers : dans une de ses gravures "La Kermesse à Hoboken" (1559), Bruegel montre une scène de danse, où des joueurs de cornemuse accompagnent une ronde. On peut imaginer qu'ils jouent la musique (contemporaine) de Susato, qui s'y prête parfaitement.

Nicolas Fendt : cornemuse Renaissance (Hümmelchen), cromornes alto, ténor et basse, flûte à bec sopranino, épinette des Vosges, tambour.

lundi 21 juin 2021

Fête de la Musique 2021 : La Suave Melodia (Andrea Falconieri, 1650)

 

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La Suave Melodia (Andrea Falconieri, 1650)

Avec Falconieri, nous sommes aux portes de l'époque Baroque, et de son omniprésente basse continue. Pourtant cette magnifique mélodie qui porte si bien son titre a encore quelque chose de la Renaissance, comme un adieu un peu nostalgique à une autre époque, à une liberté musicale que l'on retrouve dans les diminutions, les improvisations mesurées, qu'elle invite à jouer.

Pour saluer cet adieu à la Renaissance, je me suis autorisé à ajouter un arrangement pour quatuor de flûtes à bec, d'après la basse continue de Falconieri.

Bonne fête de la Musique !

Nicolas FENDT : Flûtes à bec soprano, alto, ténor et basse, luth-guitare

samedi 5 juin 2021

Les Bouffons (d'Estrée, 1559 & Arbeau, 1589)

 

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Les Bouffons (Jean d'Estrée, 1559 & Thoinot Arbeau, 1589)

Les Bouffons est une danse de la Renaissance décrite par Thoinot Arbeau dans son Orchésographie (1589).

C'est une danse à figures qui se pratique en groupe de quatre danseurs portant épées et boucliers. En ce qui concerne la musique, Arbeau note que "L'air des Bouffons est notoire a un chacun" (sic).

En effet, c'est un "tube" de la Renaissance, issu certainement d'une chanson de l'époque (vraisemblablement "Ma peine n'est pas grande" de Janequin, 1545) et basé sur une basse répétitive (le Passamezzo Moderno ) que l'on retrouve dans de nombreux airs des 16ème et 17ème siècles.

Les Bouffons, avec sa mélodie simple, se prête, oblige même, aux diminutions, aux variations. Ici, c'est tout d'abord la version solo donnée par Thoinot Arbeau qui est jouée, où la polyphonie n'est que suggérée, puis la version à 4 voix de Jean d'Estrée (1559), reprise par Pierre Phalèse en 1571 (heureusement, car des livres de d'Estrée, on n'a retrouvé que le dessus et la basse…)

A lire (et à jouer), l'excellent livre : 50 Standards : Renaissance et Baroque, de Pascale Boquet et Gérard Rebours (ed. Fuzeau).

Je m'aperçois que j'ai mis un "s" à d'Estrée, dans la vidéo ... Toutes mes excuses, il n'était pas de la famille de Gabrielle d'Estrées, la favorite d'Henri IV, ce brave musicien dont on sait peu de choses finalement ...

Nicolas FENDT : veuze, cromornes, flûte à bec, bouzouki, luth-guitare, percussions.

jeudi 20 mai 2021

Cantiga 282 (vers 1280)

 

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Cantiga 282 (vers 1280)

Après la Cantiga 353 il y a quelques mois, voici la Cantiga 282, elle aussi propice aux improvisations instrumentales. Comme les autres Cantigas de Santa Maria, elle est attribuée au roi de Castille Alphonse X Le Sage (1221-1284).

Elle est connue sous le titre de "Par Déus, muit’ á gran vertude" ou même encore comme "Ai, Santa María, val !". Ses paroles racontent un miracle accompli par la Vierge Marie, qui sauve un enfant tombé du toit d'une haute maison.

Nicolas Fendt : vielle à roue, bouzouki, épinette des Vosges, luth-guitare, cromorne ténor, flûte à bec, percussions et arrangements.

dimanche 25 avril 2021

Passepiedz de Bretaigne (Praetorius, 1612)

 

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Passepiedz de Bretaigne (M. Praetorius, 1612)

Il est très curieux et presque émouvant de trouver ces musiques de danses bretonnes de la fin de la Renaissance, presque cachées dans un recueil (Terpsichore) publié pour la petite cour de Wolfenbüttel, en Allemagne, par Praetorius, en 1612. On ne peut que remercier les informateurs français de Praetorius, qui, lui, les a arrangées à 5 voix …

Et on retrouve ces musiques, qui devaient être populaires, dans le manuscrit de Philidor "Recueil de vieux airs", en 1690 (juste accompagnées d'une ligne de basse).

Les passepieds sont également cités par Mme de Sévigné, toujours en 1690, lors d'un séjour au Château des Rochers-Sévigné, près de Vitré (Ile et Vilaine) : "Après souper, tout dansa : il y eut des sonnoux, on dansa tous les passe-pieds, tous les menuets, toutes les courantes de village, tous les jeux des gars du pays."

Ces mélodies sonnent tout à fait comme dans la tradition bretonne, et elles ne dénoteraient pas dans un Fest-Noz actuel, même si, à leur époque, ces danses étaient destinées avant tout à la haute société. Le passepied est resté dans la tradition bretonne, avec des musiques différentes de celles-ci (Pach pi, passepieds du Trégor ou de Haute Bretagne, etc …).

La veuze, cornemuse de l'Est et du Sud de la Bretagne, et de Vendée, s'impose dans ces morceaux ; avant les binious actuels, elle était vraisemblablement répandue dans toute la Bretagne, en descendante des cornemuses médiévales. D'ailleurs, les sonnoux de Mme de Sévigné en jouaient certainement ...

 Nicolas FENDT : Veuze, hautbois de Poitou, chalémies de berger alto et ténor, cromornes soprano et basse, flûte médiévale, percussions.

vendredi 9 avril 2021

Putta Nera Ballo Furlano (Mainerio, 1578)

 

 
 
Putta Nera Ballo Furlano (Giorgio Mainerio 1578, Il Primo Libro di Balli
 
La personnalité du compositeur de cette musique, Giorgio Mainerio, est très romanesque et un peu sulfureuse. Prêtre, d'origine écossaise (il signait ses œuvres du nom de son père : Mayner), il a été inquiété par l'Inquisition à cause de son intérêt pour l'occultisme (astrologie, magie et nécromancie).
 
Il a composé beaucoup d'œuvres religieuses, mais son recueil le plus connu est Il Primo Libro di Balli, l'un des rares livres de danses italiennes de son époque, dans lequel il livre des morceaux aux titres plus ou moins énigmatiques (comme le fameux Schiarazula Marazula, transcription d'une danse de la pluie des femmes de sa région) ou évocateurs, comme cette Putta Nera Ballo Furlano.
 
Ballo Furlano, c'est une danse du Frioul, partie de la Vénétie de l'époque, habitée par des populations d'origine slave. Plus tard, elle donnera la forlane, bien connue à l'époque baroque. Quant à la Putta Nera… Mainerio ne va pas jusqu'à nous indiquer son nom, ni comment il a pu la connaître… Est-ce que, comme Esmeralda, elle l'avait envoûté en dansant ce Ballo Furlano un peu bohémien ?... On peut l'imaginer… Quoi qu'il en soit, cette musique très dansante a eu un certain succès, puisqu'elle a été reprise dès 1583 par l'éditeur anversois Pierre Phalèse, dans la seconde édition de son recueil de danseries.
 
Nicolas FENDT : vielle à roue, cromornes soprano, alto, ténor et basse, flûte à bec sopranino, luth-guitare, percussions.